
Editeur :
Futuropolis
Collection
:
Date de publication : octobre 2005
ISBN : 2-75480-014-X
Prix : 15,00 €
Couleur
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DAVID B., Scénariste/Illustrateur |
Je suis devant un grand cimetière qui occupe tout le centre de
Paris. J'entre dans un grenier où des monstres à la Jérôme Bosch
dévorent un cadavre. Je suis en Asie, pris en pleine guerre en
territoire rebelle, je fuis sur une route. Je longe le mur d'un
atelier comme celui qui se trouvait dans la rue de mon enfance.
J'avance dans la pinède de la fondation Maeght. Je suis dans un
taxi plein d'animaux.
(Source éditeur).
Franquin avait ses
idées noires, David B. ses
complots
nocturnes... Dix neuf rêves ou complots couvrant la période de
décembre 1979 à septembre 1994.
Le rêve un matériel formidable, de la littérature au
cinématographe, de la peinture à la photographie, de la musique à
la danse, de la philosophie à la psychanalyse, voici un domaine, un
espace inépuisable pour le quidam, les artistes, les
intellectuels... le rêve est lacunaire, pose plus de question qu'il
ne donne de réponses, il est commencement, il est hypothèse. Le
rêve est un point de départ, ou un point d'ancrage, qu'il soit l'un
ou l'autre, le rêve reste avant tout un itinéraire, à suivre ou à
fuir. Le rêve lui-même n'a aucun intérêt, c'est l'interprétation,
la concrétisation qui lui donnera sa valeur, son sens voire sa
profondeur, un rêve n'est qu'un manifeste, ce qui importe c'est la
manifestation.
Et cela David B., hélas, ne l'a guère compris. Ses complots
nocturnes sont le degré zéro du rêve ; même dans son dessin, il ne
donne qu'à voir, il fait de l'illustration, tout est rapporté,
noté, tout y est anecdotique, tout comme ses rêves sont
l'extraction de ce qu'il est, ou plutôt de ce qu'il était, ses
rêves n'ont guère d'intérêt excepté pour lui... ses complots
nocturnes, ne sont que des pollutions nocturnes. John Ford, dans
L'Homme qui tua Liberty Valance, fait dire à l'un de ses
personnages : «Quand vous hésitez entre la vérité et la légende,
choisissez la légende !»