Date de publication : mars 2005
ISBN : 2-84856-036-3
Prix : 15,00 €
Noir et blanc
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BAUDOIN Edmond, Scénariste/Illustrateur |
Quand il parle du dessin, Baudoin utilise toujours une même
métaphore : celle de la musique. Pour lui, les points, les taches,
les traits forment une chanson, une sonate, une symphonie. Dans cet
ouvrage, il nous livre ses réflexions nées de trente ans de
pratique. À quel moment un dessin est-il fini ? Peut-on devenir
l'arbre que l'on essaie de représenter ? Comment faire entrer la
fragilité de la vie dans les traces d'encre laissées sur le papier
? Un ensemble d'illustrations inédites de toute beauté accompagnent
ces interrogations, que l'auteur du
Chemin de
Saint-Jean partage avec nous à sa manière habituelle, simple,
sensible, sans prétention intellectuelle.
(Source éditeur).
D'abord, comme pour réjouir les amateurs du
Chemin de
Saint-Jean, huit paysages immenses à l'encre de Chine invitent
muettement le lecteur à ne pas entrer dans un rythme classique de
lecture de bande dessinée, à abandonner l'avidité de la case
suivante et à s'arrêter pour admirer cet orage qui s'abat sur la
mer, cette cascade lumineuse qui découpe le noir de la montagne, le
soleil de plomb sur la campagne, à l'image du promeneur qui y est
représenté. Docile, le lecteur s'exécute.
Après cela, Edmond Baudoin énonce l'objet de ce livre : nous
révéler que le dessin, à l'image de la nature est une mélodie qu'il
faut apprendre à écouter. Pour le maestro niçois, chaque trait de
crayon, chaque coup de pinceau possède sa propre musique. Ces sons
infimes, élémentaires, structurent le vide (ou le silence) et le
transforment en une symphonie. A plusieurs reprises, Baudoin
souhaite exprimer au lecteur les questionnements et les émotions
qui se présentent à lui lorsqu'il dessine. Alors, plutôt que de
nous placer devant un dessin achevé, il nous le montre à
différentes étapes de sa construction. Par exemple, quatre étapes
du portrait d'une jeune femme, de l'ébauche au résultat final. Le
visage gagne en sensualité et en expression au fur et à mesure que
l'artiste le complète. Quand faut-il s'arrêter ? Comment éviter le
geste de trop, la fausse note ? Au moment où effectivement l'auteur
détourne ses pinceaux, n'est-il pas déjà trop tard ?
La musique du dessin n'est peut-être pas le livre idéal pour
attaquer l'oeuvre considérable de Baudoin (commencez avec
Piero ou
Les quatre fleuves). Les amateurs s'y
plongeront avec le bonheur habituel.