Date de publication : septembre 2006
ISBN : 2-84953-033-6
Prix : 18,00 €
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MONTELLIER Chantal, Scénariste/Illustrateur |
Sorcières mes sœurs est un recueil d'histoires courtes
inédites en album, pour la plupart prépubliées dans le magazine
A Suivre. Chacune met en scène une présumée sorcière,
issue de notre histoire ancienne mais aussi contemporaine, sans
balai magique mais avec un insupportable - pour la société - parfum
de scandale. Parmi les plus belles planches de Chantal
Montellier...
(Source éditeur).
Disons le
simplement Sorcières, mes soeurs de Chantal
Montellier est un monument. Longtemps on a considéré la bd
avec condescendance, certains la tenait et la tiennent encore
pour un divertissement, un simple exutoire de l'enfance et de
l'adolescence, qui accompagne les plus attardés des grands
enfants.
Il se trouve que beaucoup de dessinateurs n'ont guère d'autres
prétentions que d'émouvoir, de faire rire, tout comme certain
écrivains ou cinéastes en font leur vocable ; Populaire, mais à
l'inverse des écrivains ou des cinéastes, les auteurs de bd
étaient, de facto, plébéiens. Celui qui faisait de la bd pour
adultes était forcément un pornographe, un satyre plus soucieux de
la géométrie des formes, que des formes de son médium
artistique...
Depuis les choses en évolué entre autres par le remarquable travail
de la bd underground américaine, puis du manga japonais, et enfin
grâce à la bd indépendante européenne.
Sorcières, mes soeurs de Chantal Montellier est une relecture de La
Sorcière ; ouvrage de Jules Michelet (1798 -1874), historien
émérite, d'une grande érudition et de liberté de ton paru en 1862.
Ses textes font toujours autorité, mais aussi oeuvre intellectuelle
libérale et anticléricale dans une époque, dans un siècle, où
l'église dominait l'Occident.
Dans Sorcières, mes soeurs de Chantal Montellier, chacune
des histoires s'ouvre avec un extrait du texte consacré aux
Sorcières de Michelet. Chaque histoire ou récit a pour point de
départ, un témoignage, il peut s'agir d'un fait-divers contemporain
ou, comme dirait plus poétiquement Racine à propos du passé, d'un
pays éloigné...
De tout temps on a reproché à la sorcière un seul et finalement
unique crime qui, aux yeux du grand nombre, méritait le bûcher :
l'indépendance.
Indépendance à la fois de moeurs, d'esprit...
Toutes les sorcières sont femmes, et avant d'être sorcières
elles sont femmes.