
Editeur :
Paquet
Collection
:
Blandice
Date de publication : septembre 2006
ISBN : 2-88890-078-5
Prix : 15,00 €
Couleur
|
DILLIES Renaud, Scénariste/Illustrateur |
Cette histoire est celle de Scipion Nisimov , un oiseau, un
échassier qui a la particularité de se promener très souvent dans
la nature. Mais plus encore dans sa tête. Un jour, lors d'une
promenade, il rencontre Tchavolo, un chat qui voyage en roulotte et
qui, pour l'heure, cherche la rivière. Scipion l'y emmène et va
passer avec lui le reste de l'après-midi à pêcher. Tchavolo
l'invite à partager le poisson attrapé, mais il se fait tard et
Scipion doit aller rejoindre Daphné, sa fiancée. "Alors prends ce
poisson, il est au moins pour deux personnes."
En rentrant chez lui, Scipion va se coincer une arrête dans le
gosier : alors qu'il se fait le plus discret possible pour lui
faire la surprise, il découvre Daphné au lit avec un autre. Son
univers s'écroule. C'est alors le crépuscule de sa romance. Il
court vers son nouvel ami qui, avec sa musique, va alléger quelque
peu le poids de la tragédie qui vient de s'abattre sur les frêles
épaules de notre "héros". Et cette musique va tellement bouleverser
Scipion qu'elle va aussi bouleverser sa vie. Ce crépuscule
serait-il l'aube d'une nouvelle vie ?

Après
Betty
blues Renaud Dillies renoue avec maestria avec la
bande dessinée"musicale". Les deux histoires présentent des
similitudes : un amour déçu, une histoire intime entre le
personnage principal (un oiseau) et la musique, et une fin,
disons... Non, ne disons rien, on ne va pas non plus vous
raconter la fin.
Le dessin de Dillies est tout ce qu'il y a de plus expressif : il
réussit ce tour de force de rendre l'émotion musicale grâce à l'art
muet du dessin. Le décor est un personnage de plus ; les immeubles
se font plus proches et pressants quand Scipion se sent observé ;
les objets s'animent selon son humeur...
Dillies dessine comme on écrit, ses images sont plus parlantes que
des mots, mais leur force d'évocation est aussi puissante ; elles
vous font voyager aussi loin qu'un poème. Ses passages oniriques en
particulier sont de toute beauté. Ajoutons que les couleurs sont à
la hauteur du dessin, et vous comprendrez qu'avec Mélodie au
crépuscule on est en présence d'un très (très) bon album.