
Editeur :
Paquet
Collection
:
Date de publication : mai 2006
ISBN : 2-88890-065-3
Prix : 14,00 €
Couleur
14 octobre 1898. Le corps d'un homme, sauvagement mutilé, est
retrouvé dans le quartier populaire d'une ville de province. Au fil
des mois d'autres cadavres avec les mêmes stigmates sont retrouvés.
On évoque l'éventreur de Londres. Le hic c'est que, contrairement
aux meurtres de White Chapel, ceux-ci semblent échapper à toute
logique: les façons de tuer varient, comme si les crimes étaient
perpétrés par des mains différentes. Seuls points communs: les
victimes sont toutes des "mauvais garçons" et toutes ont le visage
déchiqueté à coup de dents. Les soupçons de l'inspecteur Lavardin
se portent rapidement vers le Corbeau, qu'on a vu en compagnie de
la première victime peu de temps avant sa mort. Mais un autre
enquêteur, dont les investigations l'entraînent vers une conclusion
différente, s'intéresse de près à l'affaire: un jeune médecin qui
tente de démontrer que la science moderne peut apporter un précieux
secours à la police criminelle...
(Source éditeur).
Du suspense ! De l'aventure ! Un soupçon de romance ! Des
mystères ! Des machines volantes (expérimentales) ! Des meurtres en
séries ! Des rues pavées et sinistres ! Des malfrats gouailleurs !
Des flics à moustaches ! Qui est l'assassin des bas quartiers :
homme ou loup-garou ? Pour le savoir, plongez avec frisson,
passion, effroi et impatience dans : L'étrange affaire des corps
sans vie !
Sous ce titre à la formulation surannée et même un peu kitsch,
Régis Hautière et David François ont composé une enquête policière
assez classique, dont la principale originalité tient au contexte.
L'histoire se passe en France, dans les bas quartiers d'une ville
de province, à la fin du XIXe siècle, à une époque sur le point de
basculer dans la modernité mais pas encore affranchie des
superstitions les plus échevelées. Dans ce monde où le tramway et
les premières automobiles se disputent la voirie avec des voitures
à chevaux, un étudiant en médecine légale, féru de nouvelles
méthodes de criminologie, décide d'enquêter sur une affaire
criminelle qui laisse la police assez pantoise.
Il s'agit de son premier livre, et pourtant David François fait
preuve d'un style graphique à la fois personnel et plein de
maturité. Ses dessins sont caractérisés par des décors urbains aux
architectures précises, qui contrastent avec une représentation
plutôt caricaturale des personnages. Ceci, et un goût manifeste
pour les volutes (jusqu'au lettrage des onomatopées et des
exclamations des personnages), donne au récit une sorte de
fantaisie sympathique au lieu d'en accentuer le côté thriller ou
dramatique.
A noter, ce one-shot policier de 160 pages couleurs est proposé
pour 14 euros, un coût assez modéré pour un livre en quadrichromie
de cette pagination. Les éditions Paquet auraient-elles trouvé le
chaînon manquant entre le "roman graphique" cher aux indépendants
et l'album standard (46 planches quadri) des gros éditeurs ? Reste
à savoir si les amateurs de noir et blanc accepteront un livre qui
s'efforce de séduire un large public, et si les amateurs d'albums
classiques réserveront une place de leur bédéthèque à un album hors
format.