
Editeur :
Zones
Collection
:
Date de publication : octobre 2007
ISBN : 978-2355220067
Prix : 16,50 €
Noir et blanc
|
PATRI Giacomo, Scénariste/Illustrateur |
Roman graphique qui raconte la vie quotidienne, les espoirs brisés
d'une famille de la classe moyenne américaine durant la Grande
Dépression.
C'est un temps, que les
moins de trente ans n'ont pas connu, un temps où les débats
intellectuels étaient à la fois de vrais débats (la fameuse
phrase de Voltaire : Monsieur je ne suis pas d'accord avec
vos idées, mais je me ferais tuer pour que vous puissez les
exprimer) donc un débat pas de ceux qu'on vit
aujourd'hui. Plus encore, ces échanges avaient un sens, une
articulation, une construction, voire même une rhétorique, en
un mot, il était intellectuel. Le plus chagrin des esprits
pouvait dire quand il était à court d'arguments : Je préfère
avoir tort avec Sartre que raison avec Aaron qui a superbement
écrit ce qui, hélas, pourrait être inscrit aux frontons de
notre époque : Les intellectuels ne veulent ni comprendre
ni changer le monde, ils veulent le dénoncer.
Col Blanc de Giacomo Patri est une merveille à la fois
graphique, 128 planches en linogravure, et d'engagement. Col
Blanc est une réédition par les Editions Zones, en fac-similé
de l'oeuvre parue en 1940, d'un auteur oh combien essentiel de
l'histoire de la bande dessinée, Giacomo Patri (1898-1978).
Le livre s'ouvre en 1929, nous sommes avec un cadre qui va être
licencié, comme des millions d'américains suite au Krach, nous le
voyons se heurter aux vicissitudes d'une société économiquement
précaire, où aucune protection ne vient pallier les carences. Il
est un homme qui a en charge une famille, au milieu d'autres avec
les mêmes difficultés, mais chacun enfermé dans son individualité.
C'est cela la force de l'oeuvre de Giacomo Patri c'est nous faire
entendre, comprendre, comment est né le mouvement progressiste des
travailleurs, l'union des cols bleus (les ouvriers) et des cols
blancs (les cadres).
Il parvient à parler politique tout en étant artiste. Le personnage
est toujours en premier plan, et la politique est en arrière plan.
Il réussit à assembler sur plusieurs strates à la fois la
construction politique de son personnage, mais aussi sa vie en tant
que père, époux, et témoin d'un basculement de la société
américaine. C'est prodigieux d'ingéniosité graphique.
C'est à la fois l'expressionnisme allemand des films de Lang, le
décadrage si cher à Gregg Tolland, Tolland immense directeur de la
photographie de grands films sortis aussi en 1940 : Citizen Kane de
Welles et des Raisins de la colère de Ford. Les
raisons de la colère, adaptation éponyme du roman de
Steinbeck.
Steinbeck, Patri : Le même sens du combat&